# Couplet 1 :
Un matin j’ouvrirai la porte
et je sortirai dans les rues, comme hier.
Et je penserai en partie au père
et en partie à la mer
– ceux qu’ on m’a laissé –
C’est la ville. La ville qu’on a pourri.
Et nos amis qui ont disparus.

# Couplet 2 :
Un matin j’ouvrirai la porte
Droit, tout droit vers le feu
Et je sortirai comme hier en criant fascistes !
En montant des barricades et en jetant des cailloux
Avec une banderole rouge qui brille dans le ciel.

# Couplet 3 :
J’ouvrirai la porte et, ce n’est pas de la peur
Mais je veux te dire que je n’ai pas eu le temps
Et que, c’est toi qui doit apprendre
à ne pas descendre dans la rue sans armes comme moi.

Parce que moi je n’ai pas eu le temps.
Parce que là, tu vas disparaître comme moi.
Comme ça dans la « brume », cassé en morceaux de mer,
en années d’enfance et de banderoles rouges.

# Couplet 4 :
Un matin j’ouvrirai la porte
et je vais disparaître avec le rêve de la révolution
dans la solitude infinie des rues enflammes
dans la solitude infinie des barricades de papiers
avec le titre mensonger : « Provocateur »

# Couplet 5 :
Un matin j ouvrirai la porte
et je vais me perdre (disparaitre)
avec le rêve de la révolution
dans la solitude infinie des rues enflammes
dans la solitude infinie des barricades en papiers
avec le titre mensonger : « Provocateur »
« Tous des provocateurs »